Deux livres de contes, deux auteurs : Loeiz et Loeiza

 

 

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    La série de contes que nous livre Loeiz Herrieu fait écho à l'antécédent de son épouse Loeiza née Le Méliner : Àr Bont ar Velin, publié en 2009 aux éditions Anagrammes.
    La réédition de ce livre de contes de Loeiz Herrieu est ainsi une commémoration de famille*. Mais elle n'est pas non plus isolée des préoccupations des lecteurs de ce publiciste de Dihunamb, la revue mensuelle vannetaise (1905-1914, 1921-1944). Les récits s'inscrivent dans une diversité de milieux de vie où les activités sont déterminantes jusqu' à promouvoir le narratif. 

contact: gilles.leguennec@gmail.com
    
    La lumière et l'éclairage, les métiers à la rescousse contre les dangers du milieu naturel, le voyage et la connaissance partagée, les échanges autour de la dégustation, les échanges de région à région, épistolaires et amoureux, les combats et les stratagèmes pour le pouvoir, la magie de l'apparition et de la disparition couplée aux emblèmes des nations, la navigation et la disparition en mer, la disparition des guerriers et leur retour, les marchés et les échanges de marchandises, la guerre de tranchées, les logements en ville et à la campagne, la vie des paysans et celle des ouvriers, l'accueil et l'hébergement risqué de l'autre, la maladie et les exclusions en conséquences, les remèdes de médecine parallèle, les espaces cachés de l'architecture, l'assistance aux personnes en détresse. 
    On a ainsi fait le tour de ces 17 contes qui relatent un passé récent de langues (vannetais et KLT, h/KLTG, breton unifié) et de techniques, dont les racines sont encore vivantes.
    Nous avons le plaisir de les offrir à nouveau en 338 pages et en orthographe unifiée aux lecteurs bretonnants d'aujourd'hui et traduits en français.

Adaptation en orthographe moderne de François Louis 
Traduction française de Mériadec Henrio et Louis Le Bras 
Préface de la présente édition par Daniel Le Doujet
    
    Sont reprises pour la plupart, les gravures de Xavier de Langlais, Raoul Perrin, Xavier V. Haas, et l'auteur lui-même. 

La collaboration avec les éditions Anagrammes a permis de publier Sur le pont du moulin (Àr Bont ar Velin),  221 pages, de Loeiza Le Méliner (Loeiza ar Meliner)
 

Addispleg / "Da c'hortoz kreisnoz" - Commentaire / "En attendant minuit"

Loeiz Herrieu, Louis Henrio en français, est le dernier écrivain important en breton vannetais. Né en 1879 dans une famille de petits cultivateurs en Caudan, tout près de Lorient, il se cultive en autodidacte après ses études primaires, tout en travaillant sur la ferme familiale. Il est surtout connu par la revue Dihunamb, qu’il fonde en 1905 avec André Mellac et qui paraitra mensuellement pendant près de 40 ans, rédigée intégralement en breton – jusqu’aux publicités ! Bourreau de travail, il mène de front, avec sa femme Loeiza er Meliner - elle-même écrit en vannetais - le travail dans sa ferme du Gerneùé qui abrite aussi les 6 enfants du couple, la gestion de Dihunamb et l’écriture de nombreux ouvrages parmi lesquels le recueil de nouvelles De hortoz kreisnoz, livre de 305 pages qui parait en 1942. L’édition originale, écrite en graphie vannetaise et sans traduction française, n’avait jamais été rééditée. C’est donc chose faite sous le titre Da c’hortoz kreiznoz, en adaptant son texte à la graphie peurunvan enseignée désormais dans les écoles et en en proposant une traduction française. Certains passages de ces textes doivent être replacés dans leur contexte : celui d’une morale basée sur un catholicisme fervent, et des convictions d’un homme qui enrageait du sort fait à la langue bretonne. Mais la langue de ce bretonnant natif est un témoignage irremplaçable et la plupart des textes se lisent avec intérêt, voire émotion, à l’exception peut-être de cet Ailbé inspiré de la littérature ancienne irlandaise, qui m’a déconcerté et vaut même au lecteur un avertissement du traducteur ! Les textes sont présentés comme le déroulé d’une veillée de Noël fictive, comme l’auteur en avait vécues dans son enfance, et l’on navigue de la loufoquerie au drame, en passant par des scènes ancrées dans la religion. La guerre de 14-18, que Loeiz Herrieu a passée sur le front, leur sert de cadre à deux reprises ; mais chose plus inattendue, habitant tout près des forges d’Hennebont et de la ville de Lorient, Loeiz Herrieu décrit comment il voit changer la société rurale, bretonnante et paysanne jusque-là, dans des textes tels Minourez ar Boderv ou Un dachenn hep eneñv. La traduction, commencée par Meriadec Henrio, a été le dernier travail d’un autre Loeiz - Le Bras - ancien vice-président de Dastum disparu récemment, et qui tenait à ce que soit ainsi proposé aux néo-bretonnants un genre de « pierre de Rosette » du breton vannetais : preuve de la valeur qu’il accordait à cet ouvrage, qui permet grâce à un QR code de réentendre sa voix lisant un passage-clé de Minourez ar Boderv… merci, Loeiz !

Ronan Guéblez, Président de Dastum

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