Grilles de rencontres des dispositifs
La grille en cause visualise principalement la différence entre des dispositifs intégrés qui correspondent à la forme de la machine et des dispositifs ajoutés; le concept de machine désigne précisément la capacité à intégrer des tâches dans le cadre d'une unité de fin (ou de fonctionnement).
Deux tableaux synoptiques visualisent ces rencontres, l'un textuel, l'autre imagé:

Tableau des rencontres de dispositifs (57.47 Ko)

Chromatisation, Linéarisation, Découpage, Collage:
Ch.-Li. : l'accentuation plastique du trait par sa polychromie
Ch.-Dé. : un film de peinture découpé se superpose à un autre non-découpé
Ch.-Co. : le support qui fournit le fond orange est autocollant
Li.-Ch. : les cernes en réseau d'un dessin aux couleurs variées sont séparées d'un autre, noir
Li.Dé. : la linéarisation s'effectue par découpage d'un film de peinture noire
Li.Co. : des trainées de peinture sont décollées, puis reportées par collage sur un autre support
Dé.-Ch. : polytypage ; la planche est fragmentée pour des impressions polychromes
Dé.-Li. : des tracés erratiques rencontrent un fragment de motif découpé
Dé.-Co. : deux rubans sont décollés et partiellement disjoints par collage
Co.-Ch : Des films de peinture sont collés sur un support adhésif
Co.-Li. : le ruban linéarise le collage du film
Co.-Dé. : la disposition des papiers découpés est partiellement libre, partiellement fixe par collage

Taille, estampage, tamisage, moulage
Ta.-Es. : Les pochoirs ont des bords taillés formant gabarits qui arrêtent ou orientent les tracés
Ta.-Tam. : La pyrogravure en entaillant le tissu sérigraphique, fait des trous pour laisser passer autrement la matière
Ta.-Mou. : Le gaufrage du papier est accentué à l'endroit de la plaque entaillée en triangle
Es.-Ta. : une taille d'épargne au recto de l'imprimant combinée aux polytypes du verso morcelé par la taille
Es.-Tam. : La sérigraphie donne place à des raclettes variées et des tampons
Es.-Mou. : la peinture apporte outre la couleur, sa pâte pour le moulage et les reliefs sont encrés prêts à l'estampage
Tam.-Tai. : le cadre sérigraphique est entaillé
Tam.-Es. : le principe du limographe (duplicateur à encre) est développé
Tam. Mou. : le mastic silicone élastomère, ressort du voile sérigraphique en petits picots extrudés
Mou.-Tai. : une planche gravée en relief gaufre la neige
Es.-Mou. : le moulage est marqué par des « réserves » (parties vierges du papier) qui interrompent les marques du ruban encré
Mou.-Tam. : le tamis est confronté à son produit extrudé, moulé par les ouvertures de maille
Explications quant aux cases vides:
Pour quelle raison, la rencontre de deux tailles n'a t-elle pas été envisagée ? On peut, par exemple, citer les concours de bûcheronnage où une bûche est entaillée par la hache en deux endroits, ce double fait permettant de dégager l'intervalle par éclatement consécutif. La raison paraît donc purement logique : on ne peut simultanément mobiliser deux fois la même tâche. Mais, cela est possible successivement. Dans ce cas, de quoi se constitue la machine ? Dans le fait que la frappe va de pair avec la taille et non dans la survenance de l'éclatement de l'intervalle suite à la taille redoublée. L'éclatement n'est pas une tâche, mais son produit. Pour autant, cette analyse est à pondérer...
On peut rapprocher de cette activité, la sculpture du granit au chalumeau : un éclatement des grains s'observe qui pourrait être désigné comme gravage si la gestion de ce qui s'enlève était organisée par un dispositif assurant la quantité creusée. S'il n'y avait en cause que l'attention pour réguler la profondeur, autrement dit le nombre de jets de flammes pour éjecter la matière, il ne pourrait être question de tâche et de machine. Mais l'ouvrage comporte toujours un tant soit peu la de la détermination par l'outil. On devra donc faire de la place à cette rencontre de deux tailles pour réaliser que l'éclatement est un éjectage, au sens de fin technique.
Ce réaménagement de la technique consistant à faire d'un effet une tâche nouvelle correspond à de l'industrie dynamique qui n'est autre que la restructuration dialectique de l'instance par le réinvestissement technique de ce qui s'est produit.
La rencontre de deux estampagespeut de même se produire lorsque un imprimant bifacial est introduit en sandwich entre deux feuilles de papier de sorte que dans le même moment un estampage des deux faces a lieu. Certes, là encore, la pression est à réguler autrement pour éviter que les creux d'une face ne soient effacer par les bosses de l'autre. De même la profondeur des incisions risque de trouer la face opposée. Ainsi, la gravure en creux peut coexister avec la gravure en relief, mais plus difficilement deux tailles en reliefs. On le voit, la technique reprend le dessus par le ciblage des accidents possibles et ce qui n'était pas géré techniquement le devient par dynamique.
Deux tamisagespeuvent concourir en sérigraphie, lorsque ouvertures de mailles sont grandes et les fils épais, de sorte que le tissu laisse son empreinte dans la couche imprimée en même temps que les formes du pochoir. Le fait n'est productif qu'à condition de choisir un tissu marquant par son maillage, ce qui technicise la manœuvre.
Le moulagerencontre le moulage successivement lorsque l'empreinte obtenue est plongée dans le moule alors que la matière destinée à l'empreinte est encore pâteuse ; Une colonne d'empreintes peut ainsi être produite. À condition, là encore de perfectionner la technique en organisant notamment la suspension prolongée et fixe de l'empreinte à solidariser.

Modelage, Mélange, Raclage, Report
Mo.-Mé. : De la pâte à modeler sert de tampon dans un premier temps, puis, son malaxage mélange les encres d'impression
Mo.-Ra. : Un imprimant taillé en creux est d'abord enduit d'une pâte élastomère blanche ; il est raclé pour limiter l'enduit aux intailles ; puis il est recouvert d'une chape élastomère noire
Mo.-Re. : Du mastic silicone élastomère est reporté de la lame du couteau sur les fils tendus
Mé.-Mo. : L' impression est celle d'une contre-empreinte obtenue par déformation, mélange de lignes et des surfaces
Mé.-Ra. : le mélange au lieu de se faire sur la palette se réalise directement sur le support, par raclage
Mé.-Re. : Les reports successifs se mélangent optiquement et par superposition
Ra.-Mo. : Le couteau à peinture racle les cordages
Ra.-Mé. : le mélange par raclage direct sur le support d'une pâte transparente avec une autre n oire est temporisé
Ra.-Re. : La chape bleu et beige recouvre les incisions garnies de noir, une fois démoulée, elle apparaît en fond
Re.-Mo. : La pression exercée sur l'imprimant de pâte à modeler déforme l'empreinte et chasse l'encre en diminuant la netteté
Re.-Mé. : le cadre sérigraphique est utilisé comme monotype à partir de la face externe et simultanément comme pochoir à partir de la face interne
Re.-Ra. : Un imprimant est encré en creux puis essuyé avec un pigment en poudre. Le tout est ensuite prélevé par un adhésif
La complexité machinale, son développement et sa réduction à l'unité
Faire plusieurs choses en même temps, cela se réalise facilement, par la machine et sans que nous en ayons conscience. Lorsque j'écris, je linéarise, je chromatise et planifie. Autrement dit, j'utilise des dispositifs de linéarisation, de chromatisation et de planification qui sont intégrés à la même unité que je mets en œuvre en une seule action qui, de ce fait, devient outillée.
Mais la pluralité des actions ainsi commises tient à l'analyse que je fais de mon activité en terme de fabrication. Car, en ayant en vue la production à tenir, cette pluralité sombre dans l'indistinction ; prenons l'exemple de l'écriture : il m'importe de produire tel mot et tant que le caractère n'est pas achevé, je n'aurais pas finalisé une seule action. Pourtant, du point de vue des moyens, j'ai aligné un certain nombre d'actions minimales que sont la formation successive des lettres pour composer le mot et je peux encore ajouter que les lettres elles-mêmes regroupent un certain nombre de ductus, de coups de main en boucles, ponts et bâtons de sorte qu'une pluralité est déjà là s'agissant des moyens, mis en place bien avant l'unité de sens à produire.
Concevoir l'unité machinale, en prenant en compte la dialectique de la technique où elle est pleinement affirmée et celle de l'action qui l'emploie tout en niant son efficacité par un réaménagement chaque fois particulier, cela oblige à invoquer des capacités qui ne s'illustrent que par des exemples tirés d'une production, aux antipodes de la fabrication à préciser.
Les graphes qui composent le caractère manifestent des dispositifs qui ne sont pas rivés à l'écriture ; s'agissant du dessin, le lisible cède la priorité au visible construit et à construire.
Cela dit, et avec cette réserve, la ligne visée dans l'écriture a en commun avec celle du dessin de pouvoir être formée par un ensemble de dispositifs identiques: la pluralité des services rendus, à savoir, et tout au moins, l'indication d'une orientation et celle d'une séparation entre zones, cette pluralité de choses à faire ne fait pas de ce qui se fait d'une seule boucle, une machine. Soleil ou Lettre o, la pluralité de services rendus peut se réduire: la représentation produite se détaille et l'on ne se contente pas de s'exécuter pour identifier un o ; l'attente d'une bonne lisibilité fait que l'exploitant voit en même temps qu'il lit: le dessin n'est pas absent en ce sens de l'écriture. A s'en tenir aux catégories industrielles comme l'écriture et le dessin de la déictique, la correction de la cybernétique, on ne peut y faire correspondre point par point et séparément des faits de production. Bref, nous sommes, en tant que constructeurs et exploitants, placés devant une périergie dont le développement est variable, à l'instar du mot dont les effets de sens peuvent encore se désigner en plus grand développement, jusqu'à la phrase.e un sens qui nous éloigne de « la mise à plat » visée.
La polytélie, à l'inverse ne suppose pas une attention à la chose à faire, elle est au contraire génératrice d'investissements divers, distincts et non convergents: bref, au bout du compte et pathologiquement, en déployant les possibilités internes de la machine, on se retrouve à faire « des » choses, dans une pluralité et une diversité d'actions artificielles sans cohésion ni cohérence. La pathologie nous le montre: l'ampoule est par vissage associée à la manutention du tournevis et du coup l'opérateur troublé tente infructueusement d'enfoncer la visse avec le culot.
Le vissage non intégré à la manutention n'est pas en cause dans ce trouble mais la substitution inconsidérée. Pour situer le fait spécifiquement machinal, il faut appréhender une séparation au sein de l'unité elle-même, un vissage qui serait dépourvu de manche, une façon de faire pivoter autrement la tête de vis, comme un volant ce ne serait encore que savoir autrement intégrer. L'absence d'unité pourrait venir du fait de ne plus disposer de frontière pour unifier les dispositifs de sorte qu'une machine autre et supplémentaire vienne embrouiller la manœuvre. Untel est à son atelier de peinture et il est brusquement versé dans le rapport à l'électricité en confondant sans le savoir les actions spécifiques qui s'y rapportent. Tel autre pour éplucher une pomme prend le couteau comme une hache et oublie de saisir la pomme en main la laissant sur la table pour lui asséner des coups vains. Ces conduites détraquées paraissent dangereuses et violentes ; elles le sont mais peuvent l'être sans mettre en cause une psychose, une schizophrénie ou une quelconque psychopathie.
Du côté de ce qui se fait lorsque le constructeur croît faire quelque chose, il y a à trouver des dispositifs en unités discrètes dont le caractère n'a rien de délibérément insidieux, même si leur fonctionnement peut placer des embûches dans l'avancée du travail.
Le terme de « planage » conviendrait plutôt que la "planification" qui fait ordinairement référence à l'administration prévisionnelle du travail, ou de l'économie budgétaire . Mais le verbe « planer » porte un sens qui nous éloigne de « la mise à plat » visée.